Les suites bureautiques et les assemblages d'applications web !
Bonne année, pleine d'interopérabilité, de liberté logicielle et de souveraineté numérique !
Voici la tribune de la Mouette en ce début d'année qui réaffirme notre engagement militant en faveur de la bureautique libre.
Certains projets émergent pour remplacer les suites bureautiques par des assemblages d’outils web et de services spécialisés peu matures ou mal conçus pour l’interopérabilité.
La suite bureautique n’est pas un anachronisme : c’est un enjeu de souveraineté numérique. Le problème n’est pas la modernité, mais l’architecture : on échange une infrastructure cohérente contre un conglomérat d’applications hétérogène, écrites avec des technologies différentes et mal intégrées.
Dans un environnement composé d’applications hétérogènes, une opération simple comme le copier-coller devient problématique.
Que faut-il transmettre : le contenu, les formats, les styles, les formules, les métadonnées ? Chaque application ayant son propre modèle de document, beaucoup d’attributs n’ont pas d’équivalent. Il faut passer par des conversions complexes, un format pivot. Le résultat est souvent une perte de structure, de sens ou de qualité. Ce n’est pas un défaut ponctuel, mais la conséquence directe d’une architecture fragmentée.
Une véritable suite, c’est de la cohérence technique (moteur, styles, formats, automatisation), une maîtrise des données et du rendu, et une base solide pour l’archivage et la pérennité.
Le tout-web n’est pas neutre : dépendance à l’infrastructure, limites d’intégration, fragilité hors ligne.
Cloner Office n’est pas une stratégie : c’est hériter de choix qui ne sont pas les nôtres.
S’appuyer sur OOXML (docx, xlsx, pptx) , c’est souvent obtenir une compatibilité de façade au prix d’une dépendance durable.
Compatibilité n’est pas interopérabilité. Juxtaposition d’outils n’est pas infrastructure.
Il n'y a pas de protocole miracle du web pour résoudre cela, il faut un format interopérable qui soit normalisé, diffusé, respecté, extensible. Mais on a de la chance, ce format existe déjà, c'est l'Open Document Format, ODF, qui se focalise sur interopérabilité et non pas la simple transmission d'un comportement logiciel fossilisé.
Pour les administrations, l’éducation, la recherche et les communs numériques, la bureautique est un socle stratégique. La vraie question n’est pas “être moderne”, mais : voulons-nous des documents dépendants d’écosystèmes dominants, ou une architecture cohérente, ouverte et souveraine ?
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La Mouette.
